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Ça y est, c'est le point de chute. C'est dès maintenant que j'ai décidé de devenir moi-même. À travers la vie de fous, petite pause pour se reconnecter avec les vraies affaires...

jeudi 25 novembre 2010

Un coup de coeur à partager!

Je vous partage mon coup de coeur pour le blog Deuxfamille's blog.

Deux familles, c'est Marie, 40 ans, maman de 5 enfants. Une grande voyageuse.
Elle a décidé de quitter son confort pour Haïti, pays dévasté, où elle a déjà vécu 4 ans. 
Avec elle, elle amène ses deux plus jeunes filles de 12 et 14 ans. Elles y sont depuis septembre.

Elles y sont pour remettre sur pieds deux familles qui ont tout perdu. Le tout en un an.
C'est leur projet, leur contribution. Wow! Elles y vivent avec presque rien, comme eux.



Marie m'impressionne! Je l'admire. C'est une Belle Âme....

Elle nous raconte sa vie là-bas d'une façon amusante et intègre. J'aime bien Marie. On a l'impression qu'elle nous parle personnellement. Ponctue de quelques sacres mérité, décrit l'absurdité de ce qu'elle voit et entend.
Passionnant!
Je vous invite à la lire et à contribuer à son projet en le faisant connaître. 
C'est un par un qu'on peut changer les choses, mais quand on se serre les coudes, on fait de petits miracles.



Vous pouvez l'aider à remettre sur pieds deux familles en contribuant:
sur PayPal, verser votre âge à : larocquemarie@yahoo.fr.

Et lisez-la, encouragez-la... elle en aura bien besoin.

lundi 8 novembre 2010

Une histoire dont la fin reste inconnue. Opinion sur le cas Khadr.

Suite aux trois derniers billets sur Omar Khadr que vous pouvez consulter ici:
Je me sens plus à l'aise de formuler mon opinion. J'avais une sensation bizarre de manque d'informations pour me former une idée claire et c'est principalement pour cette raison que j'ai écrit ces articles qui relatent une foule d'informations dont la plupart m'étaient inconnues. 
Je me suis aperçue que les médias canadiens français contenaient peu d'informations sur Khadr et beaucoup d'infos relatives à la politique. Mais bon, on dit qu'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, et je tenais à partager mes "découvertes". Ceci étant dit...

Un terroriste-enfant-soldat canadien

Omar Khadr est né ici. Il est canadien, bien qu'il n'ait vécu que sporadiquement à Toronto. On ne doit ni oublier ce fait, ni qu'en 2002, il avait quinze ans lors de son arrestation. Il est donc ici question d'un enfant-soldat. Selon les critères de L'ONU, il entre dans cette définition et a été reconnu comme tel. Il aurait donc du être traité en ce sens par le gouvernement américain et le gouvernement canadien, selon le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, ratificatié en 2000. Khadr aurait du bénéficier d'une protection particulière aux enfants engagés dans des conflits armés. Ses droits, garantis par la Charte des droits et libertés, ont été bafoués et cela a été reconnu par la Cour Suprême du Canada. Le refus de le rapatrier pendant des années est une violation grave. 

La justice Canadienne...honte à nous.

Je suis déçue de mon gouvernement, mais ce n'est ni la première, ni la dernière fois que ça arrivera. 
J'aurais aimé que soit entendues les recommandations de L'ONU et de la Cour Suprême du Canada. J'aurais voulu que ses droits constitutionnels soient respectés. Principalement, son droit à la sécurité. Comme enfant, il aurait du bénéficier d'une protection adéquate, d'un procès dans des délais raisonnables, en bref, de tout les droits relatifs à la protection des droits de l'enfance.  Khadr a été reconnu comme ayant été recruté illégalement et contre sa volonté.

Aurais-je voulu son rapatriement? Aux premiers abords, non. Mais cela aurait peut-être du être fait....

Il aurait du bénéficier d'une détention dans une prison adéquate et "sécuritaire", en plus de bénéficier de la protection du Canada en ce sens. Ce qui se passe à Guantanamo est nébuleux, ce n'est certes pas la place pour un jeune de 15 ans, quel qu'il soit. Son transfert dans une autre prison américaine aurait du être fait et la reconnaissance de la violation de ses droits auraient du être entendue. Il aurait du être protégé par son pays qui interdit l'abus, la coercition et la torture. Il aurait du avoir droit à un statut protégé et à une réhabilitation., vu son jeune âge et son statut de "victime" comme enfant-soldat.  Sa détention était illégale. C'est une question de  droits fondamentaux, de morale et d'intégrité qui entre en conflit avec mon système de valeurs personnelles. Khadr, comme tous les autres détenus occidentaux de Guantanamo (et en mon sens, les non-occidentaux aussi. Cette prison doit, comme cela a été promis, être fermée) , aurait du en être sorti, sans pour autant retrouver sa liberté. Il demeure un flou juridique contestable!

Aurais-je voulu un procès canadien? Ma pensée première: pas du tout.

Il a commis un crime contre les Américains, il est donc normal qu'il soit jugé en ce sens. Par contre, il aurait du avoir droit à un procès juste et équitable. La présomption d'innocence lui a été refusée. Il n'a pas eu droit a un procès dans un délai raisonnable devant une cour de justice impartiale mais devant un tribunal militaire américain. Les commissions militaires américaines acceptent en preuve les déclarations sous contraintes et on le droit de refuser de divulguer des preuves discriminatoires aux avocats de la défense pour des raisons de sécurité nationale.
La violation de  la primauté du droit et la poursuite illégale des enfants soldats, en conformité avec les normes du droit international humanitaire, est toujours active aux États-Unis et nous n'avons rien fait. Le Canada est complice dans l'affaire Kadhr. Complice de violations de ses droits humanitaires, peu importe les actes ayant été commis ou non. Je crois qu'il est possible pour le Canada de l'admettre, sans pour autant remettre l'issue du procès en question. Bref, j'ai toujours honte!

Un enfant pas comme les autres maintenant adulte.

Les actes commis par Omar Khadr, comme bien d'autres de ses co-détenus, sont horripilants. Aucun doute là-dessus. Il provient d'une famille de terroristes, des musulmans radicaux. Il a été endoctriné à détester et à combattre les gens de son propre pays d'origine dans lequel il veut et va retourner. S'il n'était pas conscient à 15 ans, bien que j'en doute fort bien, de l'intention et de la gravité de ses actes ou qu'elles étaient dictées dans une obligation d'obéissance, je pense que nous n'avons vu que la pointe de l'iceberg dans ce qui a été relaté à son procès. Je persiste aussi à croire qu'Al-Qaïda avait sûrement pour lui de grandes ambitions. Je ne suis pas malheureuse au sens propre qu'on ait stoppé un terroriste dans sa montée dans le réseau. S'il n'était pas entièrement endoctriné avant sa détention, son passage à Guantanamo et ses relations avec ses co-détenus ont sûrement eu tôt fait de finir le travail. Il s'y est fait de nouvelles connaissances, des amis, des alliés, qui ne sont assurément pas recommandables. Son rêve le plus cher est de quitter Guantanamo, ce sera chose faite bientôt. Un détenu réhabilitable? Laissez-moi en douter. Trop peu, trop tard. L'aurait-il été avant cela? Je persiste à douter...
C'est tout sourire, satisfait et soulagé qu'il est sorti du tribunal pour retourner en cellule à Guantamo pour la prochaine année. Il sera incarcéré au camps 5, isolé en cellule du reste de la population carcérale, dans des détentions sévères à sécurité maximale. De quoi cogiter en paix avant son arrivée ici.

Ce qui m'inquiète...
Qu'adviendra-t'il d'Omar Khadr à sa sortie de prison? Considéré plus comme une victime que comme un criminel de guerre, il aura sans doute son "heure de gloire". Canonisé par les médias, louangé pour son courage et sa dignité, films, livres, reportages l'attendent dès son entrée en sol canadien. 1700 nouvelles sur Khadr ont été écrites par la SRC. Pourtant, je parie que beaucoup d'informations lues ici vous étaient inconnues. Il reste pourtant qu'il s'est déclaré coupable et que c'est un criminel. On doit selon moi aussi garder en mémoire que Khadr risquait la prison à vie s'il ne plaidait pas coupable. Cela n'implique pas qu'il le pense vraiment, ni qu'il ressent du remord face à ses actes. Il n'a que reconnu des faits. On sait aussi que l'islamisme radical règne à Guantanamo.
Khadr est attendu par sa famille. Cette dernière est assurée que dès sa sortie de prison, il aura  sa vengeance, empreint de valeurs anti-occidentales.


Omar Khadr
envoyé par TheEconomist. - L'actualité du moment en vidéo.

On ne sait toujours rien de son emprisonnement en sol canadien. Aura-t'il droit à une libération conditionnelle au tiers de sa peine? A-t'il un potentiel de réhabilitation? Sera-t'il sous haute surveillance à sa sortie? Omer Khadr a-t'il renoncé au Djihad...A-t'il renoncé à Al-Qaïda? Sommes-nous toujours ses ennemis? Le réseau lui accordera-t'il son soutient à la suite de son emprisonnement? Est-il toujours une menace à la sécurité nationale? Qui plus est, Omar Khadr n'a pas été protégé par le Canada. En tiendra-t'il rigueur? Qu'adviendra-t'il d'Omar Khadr dont seul le nom est évocateur internationalement mais qui l'était déjà par son paternel dans le monde des radicaux islamistes. Pourra-t'il quitter le pays, aura-t'il son passeport pour la Gloire?
Ce sont tous des questionnements auquel on ne peut répondre. Les États-Unis s'en lave les mains, le Canada se ramasse avec la patate chaude qui aura tôt fait de refroidir....et fera bonne figure pour avoir permis des conditions de détention plus qu'acceptable à un homme reconnu coupable de terrorisme.

J'hallucine? Bien non!

On ne veut pas d'une Karla Homolka comme voisine. Une des pires déviante sexuelle, violeuse et meurtrière. Suite à sa libération, on lui avait appliqué des restrictions strictes sur ses faits et gestes qu'elle devait rapporter. Quelques semaines après, un jude a défait ce jugement, indiquant que la loi devait être respectée et que ces restrictions étaient illégales puisque qu'elle avait accompli l’intégralité de sa peine d’emprisonnement, soit douze ans d'emprisonnement pour deux homicides pour lesquels elle avait plaidé coupable. Elle se voit cependant encore comme une victime de son ex-mari qui l'aurait manipulé. On croît qu'elle vit maintenant dans les caraîbes avec son conjoint et leur fils. Mais on ne sait trop où elle est puisqu'elle est libre.

On aura bientôt un nouveau voisin...libre.
L'université King's d'Édmonton est prêt à l'accueillir et à admettre son admission à sa sortie de prison. Rappelons qu'il a une 4ième année et que cette université est reconnue hautement catholique. Mais que ne ferait-on pas pour avoir un tel héros célèbre dans nos institutions hummm!? Reste à voir s'il répondra à l'invitation!!! Pas sûre!

Bienvenue chez toi, Omar!

Soyez heureux! Omar Khadr sera sous peu libéré et vous pourrez dire à vos amis facebook que votre nouveau  voisin fait ses ablutions dans sa nouvelle piscine creusée payée par les milliers de dollars en entrevue et par vos taxes, tout en refusant votre invitation à prendre un verre de vin avec vous, espérant et complotant peut-être anonymement se faire sauter quelque part et ainsi être pardonné par Allah de n'avoir tué qu'un seul non-croyant  et atteindre ainsi son paradis selon le livre Saint. Ou peut-être pas...L'avenir nous le dira ou on n'en saura rien!

33 v60à62 : « Certes, si les Hypocrites, ceux au coeur de qui est un mal et ceux qui tremblent ne cessent point, à Médine, Nous te mettrons certes en campagne contre eux .Ensuite, ils n'y resteront tes voisins que peu [de temps]. Maudits, quelque part qu'ils soient acculés, ils seront pris et tués sans pitié, selon la coutume d'Allah à l'égard de ceux qui furent antérieurement. Or, tu trouveras la coutume d'Allah non modifiable.»

vendredi 5 novembre 2010

Omar le jeune terroriste.

Pour lire la première et la deuxième partie ce cet article, cliquez ici et ici.

 Khadr un terroriste?

Aux États-Unis, Omar Khadr est considéré comme un ennemi combattant illégal.
Sur une bande vidéo, retrouvée dans les grabuges sur les lieux du bombardements américain où se trouvait Khadr et où on suspectait des activités d'Al-Qaïda, on voit un homme enseigner les rudiments de détonateurs de mines terrestres. Dans l'assemblée se trouve le jeune homme, lequel on peut observer mettre en place des dispositifs de tirs. À cet endroit était fabriquées et installées des bombes terrestres. On voit plus tard les membres du groupe les ensevelir en bordure de route.
 
Le père de Khadr, Ahmed, croyait fermement que l'Afghanistan devait être un État musulman et que les États-Unis sont des ennemis jurés de l'Islam. Son frère, Abdurrhaman, affirme que sa famille et lui ont été amené là-bas pour se battre pour l'Islam. Les musulmans extrémistes sont alors en guerre sainte, le Djihad, lorsque les tensions ont commencées à être plus fortes et que l'Afganistan a été bombardée par les États-Unis en 2001. Les Khadr y ont vu là une bonne raison de se battre et de mourir en martyr. Son frère Abdul Karim, paralysé suite à des tirs ennemis, affirme qu'il est désolé de ne pas être décédé ce jour-là car cela lui aurait permis d'atteindre le paradis, où 72 vierges l'y auraient attendu.

Là où la théorie fait place à la pratique

En 2000, Omar Khadr apprendra les rudiments du Djihad avec Cheikh Issa, un clerc d'Al-Qaïda. Pendre un espion si on le capture, tuer un soldat musulman s'il est capturé, prendre les armes d'un ennemi décédé et que tuer des Américains, non-croyants, est justifiable. Khadr comprendra alors que ces actions visent à aider Al-Quaîda dans le djihad contre les États-Unis.

Avant 2001, lors de plusieurs voyages avec son père, Omar et sa famille visiteront plusieurs camps d'entraînements d'Al-Qaïda. Il a fourni de nombreux renseignements aux États-Unis sur leur fonctionnement et leur nature. Ces camps étaient en partie financés par son père, Khadr affirmera qu'il connaissait ces détails et avouera avoir rencontré plusieurs hauts dirigeants du réseau. Il avait alors de profondes connaissances du réseau et de ses objectifs. Il est alors considéré membre actif et sa mission est de cibler et tuer des Américains, civils ou non, ainsi que les forces de coalition, dont fait partie le Canada.

À l'été 2002, Khadr suivra une formation qu'il savait illicite sur le maniement des armes à feu.
Il a alors rejoint une cellule terroriste à titre de traducteur entre celle-ci et d'autres d'Al-Qaïda. Cette cellule était spécialisée dans la fabrication de bombes artisanales. Elle était localisée dans le but précis de tuer des Américains. Khadr a été en mesure de décrire précisément la construction et la plantation des engins explosifs. Il a volontairement appris ces rudiments.

Au même moment, il a aussi espionné le mouvement des troupes américaines en Afganistan afin de déterminer l'emplacement des bombes et ainsi maximiser leurs effets. Le nombre et le type de véhicules utilisés étaient répertoriés, de même que la distance entre chaque véhicules, la vitesse et la direction des convois.

* Sur cette photo, on présume qu'il s'agit d'Omar Khadr


Le champs de bataille
Ces faits sont tirés du plaidoyer de culpabilité d'Omar Kadhr émit en octobre 2010.

Avant leur arrivée, Khadr et ses compatriotes apprennent que les troupes Américaines arrivent, ce qui permet au dirigeant de la cellule de fuir. Deux interprètes Afghans les somment de sortir. Ils font alors feu sur eux, les tuant sur le coup. Un échange de coups de feu de quatre heures débutent.  Plusieurs chances de cessation sont données par les Américains mais ils essuient leur refus. Dans l'enceinte se trouvent femmes et enfants. Ils pourront à un moment quitter et trouver la sécurité auprès des forces américaines. Khadr décide sciemment de rester et de combattre les Américains. Ses compatriotes et lui font un pacte de se battre jusqu'à la fin. Khadr est armé d'un AK-47 et d'un pistolet. Il est prêt à combattre. L'appui aérien arrive et deux bombes de cinq cent livres sont larguées et il sera blessé par des éclats à l'oeil et à la jambe.

Croyants que tous sont décédés, les américains pénètrent dans l'enceinte où ils recevront des tirs ennemis. Ils abattent le récalcitrants. Une grenade est alors lancée par Kadhr, blessant mortellement un médecin militaire. et en blessant un autre qui perdra la vue d'un oeil. Il est alors convaincu qu'il mourra pendant la bataille et tente de tuer le plus d'Américains en son pouvoir. Il reçoit alors deux tirs au torse. 

Il sera capturé, ayant en sa possession une arme chargée et des grenades à proximité. Il recevra des secours médicaux sur place pour ses blessures et est évacué à l'hopital de la base militaire de Bagram. Il est alors le seul survivant ennemi de la bataille.
Il subira une chirurgie pour ses blessures qui lui sauvera la vue. Après deux semaines à Bagram, il a été transféré à la prison de Guantanamo Bay.

En 2002, après son arrestation, Omar Khadr avait lui-même déclaré : « Je suis un terroriste entraîné par Al-Qaïda ». Il a aussi mentionné que tous les musulmans devraient se battre contre les non-croyants et que tous les pays les pays devraient être inquiets et ne pas interférer dans les problèmes des autres. Il dira être très heureux d'avoir pu tuer un soldat Américain.

À son procès, tenu devant un jury militaire, il ne présentera pas de défense aux cinq chefs d'accusation et plaidera coupable. Des aveux controversés pour plusieurs, puisqu'obtenu sous la torture et la contrainte, selon les allégations de Khadr. 


Bien que condamné à 40 ans de prison par le tribunal militaire, une entente a été conclue avec Khadr contre son plaidoyer de culpabilité, limitant ainsi sa peine à purger à huit ans, dont une supplémentaire à Guantanamo et les sept autres suivant un transfert dans une prison canadienne.

L'autre côté de Guantanamo

Au cours des huit dernières années passées à Guantanamo, Khadr réfutera les allégations jusqu'à son procès. Il profitera de son séjour pour mémoriser le Coran, se refusant à suivre des cours occidentaux. Depuis deux ans, il séjourne au camps 4, le plus souple de Guantanamo. Il y dirige souvent la prière., annoncée cinq fois par jour. Dans ce camps, les détenus ne sont pas toujours en cellules isolées et peuvent alors discuter longuement.On lui reconnaît une influence sur ses pairs au sein de la prison.

La base de Guantanamo se veut un centre de détention pour des personnes arrêtées par les forces américaines, principalement en Afghanistan, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" décrétée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

Évalué par le psychiatre Michael Welner, ce dernier affirmera que Khadr est un individu « très dangereux »  présenta peu ou pas de remords pour avoir tué un soldat, qui « a mariné dans un environnement musulman radical » avec ses compatriotes de prison. Il l'a qualifié de«rock star de Guantanamo » qui est aimé et adulé par ses compagnons de détention pour avoir tué un militaire américain. Il affirme qu'il est un islamiste radical, prêt à grossir les rangs d'Al-Qaïda dès qu'il sortira de prison. Il a cependant conclu qu'il ne présentait aucun trouble psychologique. Aucun autre psychiatre n'a par contre révisé son évaluation bien que ce fût la première fois qu'il interrogeait un "djihadiste radical".

mardi 2 novembre 2010

L'enfant soldat

Je me rends compte qu'il me faudra assurément trois billets informatifs sur Omar Khadr avant d'arrêter mon opinion sur la chose... tout un dossier, beaucoup d'infos(trop) à condenser... Vous pouvez lire le premier ici.

L'enfant soldat

Dès sa naissance, Omar Khadr a trempé dans l'extrémisme. Bien que né au Canada, il a été élevé et a fait sa scolarité au Pakistan, sa mère souhaitant tenir ses enfants à l'écart du monde occidental et de ses "mauvaises influences sociales". Son père y a fait la connaissance de ben Laden, ils vivront sur sa propriété familiale pendant quelques temps. En 1995, alors âgé de 9 ans, il a passé un an à dormir au sol, au chevet de son père, emprisonné et hospitalisé suite à une grève de la faim pour protester contre son arrestation lors des bombardements de l'ambassade du Pakistan.

À l'âge de 11 ans, il demande à faire les camps de ben Laden en Afganistan. Sa mère proteste, son père accepte. Il sera alors entraîné comme soldat. À l'ordre de son père et parlant trois langues, il sera dès lors traducteur pour les combattants d'Al-Qaïda.

Omar Khadr était mineur lorsqu'il a commis ses crimes. Il avait quinze ans lors de son arrestation en 2002. La charte internationales des droits ainsi que celle des États-Unis exigent de fournir aux enfants de moins de vingt et un ans des soins et une protection spéciale, y compris une protection juridique.

Selon le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, adopté en 2000 par l'Assemblée générale des Nations unies, l'âge limite pour participer à des combats dans les pays signataires a été relevé de 15 à 18 ans.

Les droits internationaux de l'enfance de Omar Khadr ont  donc été violés. Cette convention des droits de l'enfance a été signée par les États-Unis et le Canada en 2000. Ils n'ont jamais reconnu le statut d'enfant utilisé à des fins de conflits  armés à Omar Khadr. Les autres enfants de Guantanamo ont été libérés en 2003. Reconnu par l'ONU; Khadr est, selon ces-derniers, un enfant-soldat.
  • Les normes internationales prévoient que les arrestations et la détention d'enfant doit être utilisée comme mesure de derniers recours, pour le plus cours laps de temps et traitées dans les plus brefs délais. - Khadr a attendu 8 ans avant d'avoir son procès, emprisonné à Guantanamo. il n'a été accusé de ses crimes qu'en 2006.
  • Tout enfant privé de sa liberté a droit d'avoir rapidement accès à une aide juridique appropriée. - Khadr a eu droit a un avocat en 2004, deux ans après le début de sa détention.
  • Le droit international prévoit que tout enfant privé de sa liberté sera séparé des adultes sauf dans des cas exceptionnel où il n'est pas dans l'intérêt de l'enfant d'en être séparé. - Khadr n'a pas disposé de cette mesure et ce, même après la séparation des adultes et des enfants dans des bâtiments distincts à Guantanamo. Ce privilèege lui a été refusé malgré son statut de mineur à cette époque
  • Les enfants détenus ont droit à des soins spéciaux et de l'assistance, y compris le droit è l'éducation et aux loisirs. - Les autres enfants détenus ont pu avoir accès à des travailleurs sociaux, à des tuteurs et à des loisirs, ce qu'on a refusé à Khadr.
  • Les enfants détenus ont droit de garder contact avec leur famille par téléphone et par des visites. - Il a été autorisé à un téléphone à sa famille en cinq ans. Aucune visite ne lui a été admis.
  • Les mineurs ont droit d'avoir accès à des systèmes de justice spécialisés en justice pour mineurs, avec des juges en ce sens, des procureurs et des avocats formés en droit de l'enfance. -Aucune attention n'a été portée en ce sens.
Pour les Américains, Omar Khadr demeurera un combattant illégal de 15 ans et devra répondre de ses actes devant un tribunal pour adultes.

Omar Khadr affirme avoir été torturé à l'hopital de Bagram puis à Guantanamo. Enchaîné, roué de coups, privé de sommeil, laissé à uriner sur lui-même.

Il fût d'abord interrogé par un soldat condamné pour torture ayant entrainé la mort d'un prisonnier à Bagram, lequel on a par la suite reconnu l'innocence. 
On a par la suite modifié la définition de "torture", qui était illégale aux États-Unis. Toujours illégale, le service juridique du département américain de la justice émet un mémo et la redéfinie comme suit: 
Pour qu'il y ait torture, il faut causer des lésions qui entraîne soit la défaillance d'un organe ou une mort appréhendée. Dans ce mémo, on revoit aussi certains gestes qui pourrait ne plus être considérés comme de la torture envers les prisonniers américains soupçonnés de crimes de guerre. Entre autres, couper, mordre, trancher le nez, l'oreille ou la lèvre. Couper ou paralyser la langue. Crever un oeil. Couper ou paralyser un membre. Lancer ou verser sur une personne de l'eau bouillante, de l'acide ou toute autre matière corrosive.*
*http://www.radio-canada.ca/emissions/enquete/2008-2009/Reportage.asp?idDoc=66148
Ces programmes existent toujours.

Le premier interrogatoire enregistré sur vidéo avec des représentants canadiens en 2003 fait la preuve qu'il a été torturé par les Américains. Il a été rendu public par la cour suprême du Canada. Cette dernière affirme que le Canada a été complice de torture dans le cas de Khadr. Ils ne peuvent cependant pas être tenu responsables. On voit Omar Khadr demander la protection contre les autorités américaines.

Il avait été préparé pour les interrogatoires selon le programme américain "frequent flyer program". Il s'agit d'un programme de privation de sommeil. Selon la convention de Genève, on stimule que les prisonniers doivent avoir 4 heures de sommeil par jour. On ne mentionne cependant pas qu'elles doivent être consécutives. Il a subit la privation de sommeil pendant 3 semaines avant ses interrogatoires à Guantanamo.
Dans ce vidéo, Khadr  montrent ses lésions aux interrogateurs canadiens. Les avocats de Khadr affirment qu'ils sont complices de torture pour n'avoir rien fait.

Il a par la suite été puni pour ne pas avoir collaboré avec les canadiens puisqu'il réaffirmait n'avoir rien fait et avoir été dans l'obligation de se retrouver dans ce bâtiment. Il a passé un mois en isolement dans une pièce froide et noire, où tout lui a été retiré.

Tout les détenus ressortissants des autres pays occidentaux détenus à Guantanamo ont été libérés sauf Omar Khadr. Le gouvernement canadien a refusé de s'impliquer. Les méthodes de la comission américaines et les méthodes utilisées à Guantanamo ont été dénoncées par l'ONU et par tous les pays occidentaux sauf le Canada. Le Canada attendait des États-Unis un procès juste et équitable et a toujours soutenu les Américains en ce sens.


Alors comme c'est un dossier vraiment complexe et que les recherches sont vastes, que faire un condensé l'est tout autant, je parlerai du terroriste et d'autres informations sur le séjour de Khadr à Guantanamo dans le prochain billet. Pour lire la suite, cliquez ici.

*Photos: http://obenameur.wordpress.com/2009/08/14/cour-dappel-federale-ottawa-doit-rapatrier-khadr/, http://www.elle.fr/elle/Societe/News/Guantanamo-juger-les-enfants-soldats/%28gid%29/1316199

lundi 1 novembre 2010

Changer son fusils d'épaule

Il s'agit d'un sujet délicat, ouvrant la porte à plusieurs autres. Un billet en 3 temps. Le premier et le second se veulent informatif du cas, le dernier sera un billet d'opinion.



Omar Khadr, en résumé.

Omar Khadr est un Canadien d'origine Pakistanaise de 23 ans. Il a grandit entre le Pakistan et le Canada. À l'âge de 11 ans, son  père l'a envoyé en Afghanistan dans les camps d'entraînement de Ben Laden.  Il y a servi au départ comme interprète pour des groupes de combattants d'Al Qaïda.
Il a été arrêté en Afganistan en 2002 à l'âge de 15 ans par l'armée américaine. Il est emprisonné depuis à Guantanamo, un centre de détention militaire à haute sécurité situé à Cuba. 

Il a été accusé de crimes de guerre, du meurtre du soldat américain Christopher Speer, de complot,de soutien matériel au terrorisme et d'espionnage. 

Il a reconnu sa culpabilité le 25 octobre 2010 et donc, a été reconnu coupable le 31 octobre 2010 des cinq accusations portées contre lui.

Le tribunal l'a condamné à une peine exemplaire de 40 ans de prison. Malgré que le jury de peine militaires ait recommandé qu'il devait purger 40 ans, il est condamné à purger huit ans en détention provisoire en conformité avec l'entente de plaidoyer de culpabilité qui a été rendu public. En échange d'avoir reconnu sa culpabilité, il en fera une à Guantanamo et pourra ensuite demander son transfert dans une prison canadienne pour les sept années suivantes à purger.

Jusqu'ici Omar Khadr avait toujours réfuté les accusations. Pour chacun des chefs, Khadr risquait la prison à perpétuité.

Un beau portrait de famille:

Papa: Accusé d'être membre fondateur et supporter financier d'Al Qaïda, associé d'Oussama Ben Laden. Apparaît dans la liste des suspects des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Décédé lors d'affrontements entre Al-Quaïda et l'armée pakistanaise.

Grand Frérot 1:  Emprisonné à Toronto depuis 2005, soupçonné d'avoir vendu des armes à Al-Qaïda au Pakistan. En examen pour quatre chefs d'accusation, y compris complot visant à tuer des soldats américains en Afghanistan, de complot pour utiliser des armes de destruction massive et de complot pour possession d'un dispositif de destruction en vue de commettre des crimes violents.

Grande Soeurette: Soupçonnée par les autorités canadiennes d'avoir commis des actes terroristes. A eu Oussama Ben Laden comme invité à son mariage. Des allégations selon lesquelles elle a participé avec son frère, Abdullah, au fonctionnement d'un camp d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan dans les années 1990 n'ont jamais pu être prouvées. Libre comme l'air...

Grand Frèrot 2: A participé à des camps d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan. À vécu dans l'entourage d'Oussama ben Laden. Emprisonné à Guantanamo en 2001, relâché en 2003 et envoyé en Afghanistan, à titre d'agent double de la CIA, selon ses déclarations. Est rentré au Canada en 2003. N'a été accusé de rien au Canada. Libre comme l'air...

Petit Frèrot: Était présent quand son père a été tué. Il a été blessé. Est rentré au Canada avec sa mère en 2004 pour recevoir des soins médicaux!!! (Et oui!) Ne peut plus marcher. Libre comme l'air...mais paralysé.

Des détails familiaux ici et ici.

La suite, l'enfant soldat et le terroriste. Son séjour à Guantanamo...

*photos:http://www.nationalpost.com/news/story.html?id=2529004, http://reference.findtarget.com/search/Omar%20Khadr/