Il y a déjà un temps…qui me semble une éternité...
Je côtoyais les blogs, les survolant, sans réellement ne m’attarder qu’à une petite poignée. Puis, il m’est arrivé une merde! Une merde majeure! À moi! Du harcèlement au travail, de fausses accusations. D’une telle ampleur et tellement fausses que ça m’a anéanti. J’ai lutté. Pendant un temps. Jusqu’à m’essouffler. Moi! La fille forte à la langue bien pendue suis restée de marbre devant une telle méchanceté, sans défense. Incapable de dire un mot, d’argumenter, de me défendre. Jamais de toute ma vie je ne croyais possible qu’on soit capable de m’écraser comme une cucaracha indésirable. Avez-vous déjà essayé de tuer ça une coquerelle? Ça court crissement vite, ça a une carapace solide et faut être trois quatre pour la pogner…ou faire venir des exterminateurs. Et bien, j’ai rencontré les exterminateurs. Ils ont déversé leur poison sur moi! Et ils ont presque réussit à me tuer.
J’ai fait une dépression. Une solide. Même si je suis infirmière (dans ce temps là, j’enseignais…), je jugeais très fortement les gens dépressifs. Des faibles! Je ne comprenais pas, je ne savais pas. J’ai eu besoin de gouter ma propre médecine pour comprendre, pour savoir. Besoin de m’arrêter, de prendre une pause obligée, incapable de faire autre chose que de broyer du noir foncé. Ceux qui diront que du noir foncé n’existe pas n’ont jamais vraiment connu la douleur cruelle d’une immense solitude, d’une immense incompréhension de la vie, d’une douleur qu’il est difficile de décrire, de l’injustice.
Bref, je suis tombée. Anéantie. Sans travail. Sans personnalité. Sans but. Sans définition de mon être que je ne connaissais plus, que je ne reconnaissais plus. Je ne pouvais pas croire que ça m’arrivait à moi, petite chose prétentieuse au-dessus de tout que j’étais. J’ai nié pendant des semaines, des mois… Médecins et psy me semblaient inconvaincants. Jusqu’à ce qu’un jour, comme les autres « faibles » je n’aie pas d’autres choix que me résoudre à la vérité.
Mes journées se résumaient à broyer du noir foncé, à dormir et à surfer sur le net. J’avais pu de vie. Ou du moins, j’étais incapable d’ouvrir les yeux sur ce qui m’entourait.
Et un jour… je me suis mise à écrire.
J’ai créé Newton, mon avatar… et mon blog…la chute de la pomme. Haa! La pomme! C’était moi! En chute libre, qui essayait de mieux comprendre mon univers! De mieux comprendre ce qui arrivait à ma petite personne. Que très rarement j’y ai parlé de ce que je suis, si peu de ce que je vivais… j’avais simplement besoin de me faire entendre.
J’y ai appris à mieux me connaitre. À mieux savoir qui j’étais. Newton a été mon exutoire pendant un temps. Je me sentais quelqu’un. Je me sentais reconnu. Je me sentais en vie. J’avais besoin d’être hors de moi pour mieux savoir qui j’étais. Besoin de me sentir légère, libre. Newton m’a permis de me reconnecter avec moi-même.Newton c'était moi, mais en santé! Et ça me faisait du bien de le croire.
Et je suis d'autant plus fière d'avoir créer cet avatar qui m'a permis de m'exprimer sans gêne, de m'ouvrir à de nouvelles personnes, d'en inclure certains dans ma vie privée et d'écrire ce que je m’empêchais de dire ouvertement. Mon avatar m'a fait grandir.
Je n'en ai plus besoin maintenant. Je l'utilise pcq il me plait et que je respecte mon "personnage".
Il m'a permis d'avoir plus de courage, une ouverture aux autres, d’avoir plus de respect pour l’autre et par conséquent, pour moi. Il m’a permis d’avoir une voix, de me faire entendre, de dire…tout simplement. Alors qu’à ce moment, j’étais sans voix. Sur mon blog, je me sentais en contrôle et je le dirigeais comme je l’entendais, sans rendre de compte à qui que ce soit, dans un anonymat, une autre réalité que celle que je vivais à ce moment. Je me suis simplement donné un nom fictif mais lui ai toujours donné mon opinion, mes idées, ma voix!
Je dois beaucoup à Newton, reflet de ma personnalité propre. Je n’ai jamais « jouer » avec lui. Il m’a permis, en des temps sombres, de gouter à un peu de lumière.
Et maintenant que j’en ai moins besoin, je persiste à lui prêter ma plume, par simple plaisir de m’exprimer, parce que c’est de cette façon que je me suis mise à écrire, parce plus de trente milles pages ont été lues chez moi et que les gens semble continuer à apprécier cet avatar, tout comme moi.
Parce que certains, qui ne me connaissait pas, ont vu en Newton plus qu'un simple avatar... Guy, André, Patrick, Pierre-Marc, Jean-François, ont fait partit de cet univers parallèle qui me faisait sourire et avec lesquels, sous cet avatar, je réussissais à communiquer sans avoir à entrer dans les détails de ce qui se passait dans ma vie. Sans ce regard, sans ces paroles réconfortantes, sans avoir à justifier quoi que soit...puisqu'ils ne savaient pas. Sans avoir à parler...tout simplement!
Et maintenant bien ... il me permet parfois de dire, simplement plus aisément. Pas par manque de courage mais parce que j'en ai pris l'habitude et que j'aime ça!
Et je n’ai pas envie qu’il meurt.



















J'ai juste envie de te dire.. simplement... je t'aime tellement!
RépondreSupprimerToi aussi tu m'as fais du bien, quel plaisir de te lire! Ça fait ma journée à chaque fois!!!
Mes en, ça fait ma journée, je te connais, je crois du moins, mais newton me rejoins, vraiment beaucoup, j'ai l'impression de te trouver, de te retrouver, au travers de cet avatar.
RépondreSupprimerNewton, je me reconnais beaucoup dans ce texte... j'ai passé par un chemin semblable et moi aussi c'est ce qui a fait en sorte que j'ai voulu écrire! Quand les choses se sont replacées pour moi, l'envie d'écrire et mon personnage est passée mais j'ai gardé contact avec certaine personne que j'avais connues ici. Enfin bref, un très beau texte, bravo pour ton parcours!
RépondreSupprimerHolland
Respect pour ce message.
RépondreSupprimerRespect pour tout le reste aussi.
Qui n'a jamais vécu ces douleurs de l'âme ne peut pas bien les comprendre...
En tout cas, c'est toujours émouvant de découvrir pourquoi un blogue existe et pourquoi il ressemble à ce qu'il est.
Longue vie à toi et à ta plume,
sébastien h.
Wow!! J'adore ce texte!! Étant ton amie de longue date je suis heureuse de voir que tu t'en sors et que tu veux continuer à écrire!! Ça me plaisir de constater que Newton t'a aidé mais que maintenant tu écris juste parce que tu as du plaisir à le faire!! J'adore te lire mon amie!! Je tm xxx
RépondreSupprimerToujours pénible d'entendre des histoires telle que la vôtre (devenir victime de la bêtise humaine au point de perdre confiance, de perdre ses repères).
RépondreSupprimerNe vous connaissant pas personnellement, je n'ai pas pu lire grand chose entre les lignes mais les lignes écrites, j'ai toujours su les apprécier.
Ça fait plaisir de lire un tel billet, on sent la libération. Vous gagner notre estime, nul doute.
Accent Grave
Ton texte m'a ému et touché profondément. Je sais que personne n'est à l'abri d'une telle machination, de telles méchancetés qui font si mal à notre âme et à notre esprit que le corps ne veut plus suivre.
RépondreSupprimerMoi-même j'essaie de me relever d'un gros down. Je ne sais pas si je les attire, ces gros nuages noirs mais à chaque fois que je réussi à me relever, une autre tuile me tombe sur la tête.
Je te remercie pour avoir partagée ton histoire. J'espère que tout va s'arranger pour toi et cette « merde ». Bon courage ! :-)
Merci d'écrire...
RépondreSupprimerJe t'aime.
waw!!! Bravo d'avoir trouvé la force et la motivation d'écrire. Ça fait tellement de bien. CMest une thérapie en soi. Caro (archibald)
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